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Gestion du temps
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Mannoubia CHAKROUN • Mis à jour le 20 juillet 2026
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Un gérant de café à Sousse ouvre sept jours sur sept depuis quatre ans. Trois serveurs, une rotation bricolée sur un cahier, personne ne s'est jamais plaint. Puis l'inspecteur du travail passe. Et là, la question tombe : « Quel jour avez-vous déclaré comme jour de repos hebdomadaire ? » Silence.
Le repos hebdomadaire en Tunisie, ce n'est pas une faveur qu'on accorde quand l'activité le permet. C'est une obligation chiffrée, encadrée, sanctionnée. Et la plupart des employeurs tunisiens en connaissent la moitié — la moitié rassurante.
Tout salarié du secteur non agricole a droit à un repos hebdomadaire de 24 heures consécutives, donné le vendredi, le samedi ou le dimanche. C'est l'article 95 du Code du travail tunisien, dans sa rédaction issue de la loi n° 96-62 du 15 juillet 1996.
Vingt-quatre heures, d'un bloc. Pas deux fois douze heures étalées sur la semaine, pas une demi-journée par-ci par-là. Le texte dit « consécutives », et ce mot fait tout le travail.
Un autre jour de la semaine reste possible. Deux voies seulement : l'accord des deux parties dans l'entreprise, ou l'autorisation du gouverneur de la région lorsque la nécessité du travail l'exige. En dehors de ces deux portes, il n'y en a pas de troisième.
Beaucoup de gérants tunisiens croient que le repos doit tomber le dimanche, parce que c'est ce qu'on lit partout — sur des sites français. En droit tunisien, aucun repos dominical obligatoire. L'article 95 pose trois jours possibles et laisse l'établissement trancher.
Ce qui compte, c'est de choisir. Un vrai jour, identifié, stable.
Chaque établissement doit faire connaître le jour de repos qu'il a choisi à l'inspection du travail territorialement compétente. L'article 95 l'écrit noir sur blanc.
Cette phrase de dix mots, personne ne la lit. Elle transforme pourtant un choix interne en obligation déclarative. Le gérant de Sousse n'avait pas fauté sur les 24 heures — il n'avait jamais déclaré quoi que ce soit.
En Tunisie, le repos quotidien ininterrompu ne peut être inférieur à dix heures. L'article 89 du Code du travail tunisien fixe ce plancher, distinct du repos hebdomadaire de 24 heures.
Le même article 89 va plus loin sur la journée elle-même. La journée de travail doit être coupée par un ou plusieurs repos, d'une durée totale d'au moins une heure.
Le personnel ne peut travailler plus de six heures consécutives sans une interruption d'au moins trente minutes. Et si la durée du travail effectif ne dépasse pas sept heures dans la journée, le travail peut se faire d'une traite.
Deux compteurs, donc. Dix heures entre deux journées, vingt-quatre heures dans la semaine. Un planning du personnel conforme respecte les deux — pas l'un ou l'autre.
Onze catégories d'établissements sont admises de droit au repos hebdomadaire par roulement, sans autorisation préalable. L'article 96 du Code du travail tunisien en fixe la liste limitative.
Hors de cette liste, le roulement ne se décide pas seul. Le gouverneur peut en fixer les modalités pour une profession dans une région, une ville ou une localité, c'est l'article 97. Et quand la mesure concerne tout le territoire, elle passe par arrêté du ministre chargé des Affaires sociales.
Le Code tunisien n'est pas rigide. Il prévoit sept situations où le repos hebdomadaire plie. Aucune où il disparaît sans contrepartie.
Un détail qui coûte cher : les dérogations des articles 98, 99, 100, 102, 103 et 104 sont soumises à un préavis adressé à l'inspection du travail, dans les conditions fixées par arrêté (article 105). La dérogation ne se prend pas dans son bureau.
L'article 98 est le plus utilisé et le plus mal utilisé. Il autorise la suspension du repos pour les seuls salariés nécessaires à l'exécution des travaux urgents, et il étend cette faculté aux salariés d'une autre entreprise qui intervient pour le compte de la première.
Le repos compensateur est d'une durée égale au repos supprimé. Pas une prime, pas un geste : du repos.
Deux publics en sont exclus, quelle que soit l'urgence : les garçons de moins de seize ans et les filles de moins de vingt ans. Même exclusion pour la demi-journée de l'article 99.
Les industries de plein air et celles qui ne travaillent qu'à certaines époques de l'année peuvent suspendre le repos hebdomadaire quinze fois par an (article 103). Même plafond pour les industries employant des matières périssables ou confrontées à un surcroît exceptionnel de travail (article 104), avec un garde-fou supplémentaire : le salarié doit conserver au moins deux jours de repos par mois.
Quinze, c'est un compteur annuel. Qui le tient ? Sur un cahier, personne. Et c'est exactement ce que l'inspecteur demandera à voir.
Le repos compensateur, c'est le repos que l'employeur doit accorder au salarié dont le repos hebdomadaire a été supprimé ou réduit. Sa durée est égale au repos perdu (articles 98 et 99 du Code du travail tunisien).
C'est là que le raisonnement de beaucoup d'employeurs déraille. On suspend le repos un dimanche de rush, on paie les heures, on considère l'affaire close. Le Code ne raisonne pas en dinars, il raisonne en heures rendues.
Le Code du travail tunisien ne prévoit aucune majoration légale pour le repos hebdomadaire travaillé. Il impose un repos compensateur de durée égale. Le doublement du salaire concerne les jours fériés chômés et payés, pas le repos hebdomadaire.
La confusion vient de l'article 109. Sa lecture exacte : dans les activités où le travail ne peut être interrompu, les salariés occupés pendant les journées fériées, chômées et payées ont droit, à la charge de leur employeur et en plus du salaire correspondant au travail effectué, à une indemnité égale au montant de ce salaire.
Le mot « hebdomadaire » n'apparaît nulle part dans cet article.
Une réserve, et elle est réelle : les conventions collectives sectorielles tunisiennes peuvent prévoir des contreparties plus favorables. Avant de trancher pour votre entreprise, la convention de votre branche est le premier document à ouvrir.
Dans les activités agricoles, le personnel permanent ou occasionnel a droit à 24 heures consécutives de repos, données le vendredi, le samedi, le dimanche ou le jour de marché hebdomadaire (article 106 du Code du travail tunisien).
Le jour de marché, c'est la vraie spécificité. Elle n'existe que là.
L'autre différence tient au traitement de l'urgence. En cas de travaux urgents, la compensation se fait dans les trente jours qui suivent. Un délai chiffré, que la section non agricole ne connaît pas.
Et comme ailleurs, un autre jour reste possible sur accord des deux parties ou par autorisation du gouverneur de la région.
Le non-respect du repos hebdomadaire est puni d'une amende de 24 à 60 dinars, appliquée pour chaque salarié concerné, dans la limite de 5 000 dinars au total.
En cas de récidive, la peine est portée au double (articles 234, 236 et 237 du Code du travail tunisien).
Soixante dinars, ça fait sourire. Soixante dinars multipliés par trente-deux salariés, sur une infraction constatée puis répétée l'année suivante, ça fait beaucoup moins sourire. La sanction n'est pas dans le montant unitaire. Elle est dans la multiplication.
Le repos hebdomadaire n'est pas un problème juridique. C'est un problème de planning.
Il faut un jour déclaré et respecté par établissement. Un roulement équitable quand l'article 96 s'applique. Un compteur de repos compensateur qui ne perd pas une heure en route.
Sur un tableur Excel, ces cinq contraintes tiennent jusqu'à huit salariés. Au-delà, elles se contredisent entre elles et personne ne s'en aperçoit — jusqu'à l'inspection.
C'est précisément le travail qu'un logiciel de planning et de pointage comme Esperoo fait à votre place : les rotations se construisent en respectant les repos, le pointage horodate ce qui s'est réellement passé, et les compteurs de repos compensateurs se tiennent tout seuls.
Le Code du travail tunisien ne prévoit pas de majoration légale dans ce cas. Il impose un repos compensateur de durée égale au repos supprimé (articles 98 et 99). Le doublement du salaire prévu par l'article 109 vise les journées fériées, chômées et payées, dans les activités où le travail ne peut être interrompu. Les conventions collectives sectorielles peuvent toutefois prévoir des contreparties plus favorables.
Dix heures ininterrompues au minimum, en application de l'article 89 du Code du travail tunisien. Ce même article impose une coupure d'au moins une heure au total dans la journée, et interdit de faire travailler plus de six heures consécutives sans une interruption d'au moins trente minutes.
De 24 à 60 dinars par infraction, selon l'article 234 du Code du travail tunisien, qui vise notamment les articles 95, 98 à 100, 104 et 106. L'amende est appliquée autant de fois qu'il y a de salariés concernés, dans la limite de 5 000 dinars (article 236). En cas de récidive dans l'année suivant un jugement définitif, la peine est portée au double (article 237).
Oui, à condition d'organiser le repos hebdomadaire par roulement. Les hôtels, restaurants et débits de boissons figurent parmi les onze catégories admises de droit au roulement par l'article 96 du Code du travail tunisien. Aucune autorisation préalable n'est requise, mais chaque salarié doit conserver ses 24 heures consécutives de repos.
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Ce contenu est informatif et ne se substitue pas à un conseil juridique personnalisé. Le droit du travail tunisien évolue régulièrement — consultez un juriste ou l'inspection du travail pour votre situation spécifique. Textes vérifiés en juillet 2026.
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