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Mannoubia CHAKROUN • Mis à jour le 8 juillet 2026
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Trois candidatures, trois sigles, une seule question qui revient en entretien : CIVP, Karama, ou CSC ? Le stagiaire qui postule pour un poste de comptable évoque un CIVP. La graphiste au chômage depuis trois ans parle de Karama. Et l'association qui vous contacte pour un partenariat propose un CSC.
Sur le papier, ces contrats aidés semblent interchangeables. Ils ne le sont pas — et le choix se joue avant même de comparer les avantages de chacun. Un seul texte les régit, le décret gouvernemental n° 2019-542 du 28 mai 2019.
Le contrat CIVP et le contrat Karama ont chacun leur guide complet sur ce blog, pour aller plus loin une fois le bon dispositif identifié.
CIVP, Karama et CSC sortent tous les trois du même texte, le décret gouvernemental n° 2019-542 du 28 mai 2019 — mais chacun cible un profil de candidat différent, et le CSC change carrément de destinataire côté employeur. Voici les trois dispositifs mis côte à côte.
Ce tableau donne la photo complète, mais il cache une question plus urgente que "lequel est le plus avantageux" : qui, parmi ces trois cases, a même le droit de s'y asseoir ?
Le tableau ci-dessus tranche déjà l'essentiel : CIVP et Karama restent réservés aux entreprises du secteur privé et aux professions libérales, le CSC aux associations, organisations professionnelles et amicales.
Ce n'est pas une question de mérite du dossier — le décret n° 2019-542 classe les bénéficiaires par nature juridique de la structure, un point que peu d'employeurs vérifient avant de monter un dossier.
Résultat : une PME qui dépose un dossier CSC pour un candidat parfaitement éligible se le fait refuser au BETI, non pas à cause du profil, mais parce que la structure elle-même n'est pas admissible.
Le choix se limite au CIVP et au Karama — direction la section suivante pour trancher entre les deux.
Le CSC est votre unique option parmi les trois — le dispositif est détaillé plus loin.
Pour une entreprise privée ou une profession libérale, le tri entre CIVP et Karama se joue sur un seul chiffre : le temps écoulé depuis l'obtention du diplôme du candidat, sans activité économique continue de plus de 24 mois.
En dessous de ce seuil, c'est le CIVP. Au-delà — soit deux ans de chômage ou plus depuis le dernier diplôme —, le candidat bascule dans le champ du Karama.
Le décret n° 2019-542 fixe cette bascule sans zone grise : aucun des deux dispositifs ne couvre le même candidat au même moment.
Ce seuil a une conséquence pratique que beaucoup d'employeurs découvrent trop tard : un candidat inscrit depuis 18 mois au chômage n'est tout simplement pas éligible au Karama, même si son profil et le poste s'y prêtent parfaitement. À l'inverse, un diplômé au chômage depuis trois ans ne peut plus prétendre au CIVP.
Le détail complet du CIVP — indemnités, réforme d'octobre 2025, démarches ANETI — est traité dans le guide dédié. Celui du Karama — quotas selon l'effectif, montage du dossier, financement FNE — fait l'objet de son propre guide, publié en parallèle de cet article.
Le Contrat Service Civil (CSC) est un dispositif d'insertion réservé aux associations, organisations professionnelles et amicales, ouvert aux primo-chercheurs d'emploi tunisiens diplômés du supérieur, au chômage depuis plus de 12 mois, pour une durée de 12 mois renouvelable.
Deux conditions le distinguent nettement du CIVP et du Karama. D'abord, les titulaires d'un BTS en sont exclus — seul un diplôme de l'enseignement supérieur (ou équivalent) ouvre l'accès au CSC.
Ensuite, la structure d'accueil doit proposer une activité réelle et spécifique : une association qui n'a qu'une existence administrative, sans mission concrète à confier au stagiaire, ne peut pas monter de dossier.
Les personnes en situation de handicap échappent à la condition de primo-chercheur et au délai de 12 mois de chômage — une exception que le décret n° 2019-542 prévoit explicitement.
Côté indemnisation, l'ANETI verse 200 DT par mois au bénéficiaire, majorés de 50 DT pour les personnes en situation de handicap.
La structure d'accueil peut y ajouter une indemnité complémentaire, mais rien ne l'y oblige — contrairement au CIVP, où ce complément est obligatoire.
En échange, l'ANETI prend en charge la couverture sociale du stagiaire et jusqu'à 400 heures de formation complémentaire pendant toute la durée du contrat.
Le contrat court sur 12 mois, prorogeable au sein de la même association ou renouvelable dans une autre, à titre exceptionnel, dans la limite de 24 mois cumulés.
Une nuance à ne pas manquer : un candidat qui sort d'un programme actif d'emploi — le Karama compris — suivi plus de 6 mois doit attendre 6 mois après la fin de ce contrat avant de pouvoir prétendre à un CSC.
Oui. La règle de non-cumul du décret n° 2019-542 s'applique par poste, jamais à l'échelle de l'entreprise. Un CIVP sur un poste et un Karama sur un autre, en parallèle, ne posent aucun problème — seules les échéances de chacun (12 et 24 mois) demandent un suivi séparé, ce que le logiciel de gestion administrative Esperoo centralise par une alerte par salarié.
Le CIVP, à court terme : indemnité couverte par l'ANETI, aucune charge patronale CNSS. Le Karama impose un salaire minimum de 600 DT, partiellement remboursé. Mais le CIVP plafonne à 12 mois par entreprise depuis octobre 2025 : au-delà, le Karama reste le seul financement stable sur deux ans.
Oui. Les trois dispositifs exemptent les personnes en situation de handicap de la condition de primo-chercheur. Le Karama porte en plus sa durée de prise en charge employeur à trois ans au lieu de deux, et le CIVP applique la même majoration de 50 DT/mois que le CSC.
Une fois le bon dispositif choisi, la difficulté change de nature : elle devient administrative — une échéance de 12 mois ici, de 24 là, une déclaration ANETI à ne pas manquer. C'est ce suivi, pas le choix du contrat, que le logiciel RH Esperoo prend en charge au quotidien.
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